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vendredi 16 novembre 2018

Aide pour trouver des arguments au sujet précis de dissertation


Ce document est là pour vous aider à chercher des arguments pour répondre précisément à votre sujet de dissertation et à construire votre argumentation. Ces questions sont un préalable à la rédaction du développement: vous pouvez y répondre au brouillon, puis les reprendre de façon détaillée dans la rédaction finale. Ce sont ce type de questions que vous devez vous poser seul face à votre brouillon. Plus vous vous habituerez à faire des sujets de dissertation, plus ces questions vous viendront facilement. Quand vous rédigez, vous pouvez écrire les questions que vous vous êtes posé et auxquelles vous répondez : cela permet de rattacher votre propos à une question précise impliquée par le sujet.

La recherche scientifique est-elle une recherche de la vérité ?
-        Intro : Définissez la recherche scientifique et la recherche de la vérité. Montrez en quoi elles peuvent être différentes, voire s’opposer. Donnez des exemples de recherche scientifique et de recherche de vérité. Pourquoi parle-t-on de “recherche” et non seulement de “science” ou de “vérité”?
-        1ère partie justification du sujet : Quel est le but qu’on attribue généralement à la recherche scientifique ? En quoi est-il lié à la recherche de la vérité ? Comment distinguez-vous recherche scientifique et recherche de la vérité alors ?  
-        2ème partie critique : Pourquoi pourrait-on opposer recherche scientifique et recherche de la vérité ? Donnez des exemples de savoirs scientifiques qui ont évolué. Donnez des exemples de postulats ou résultats scientifiques qui ne sont ni vrais ni faux. Comment expliquez-vous (sommairement, par quelques arguments) cette évolution ? Qu’entendez-vous par recherche scientifique et recherche de la vérité alors ?
-        3ème partie solution réponse finale : Quel est le rapport de la recherche scientifique à la recherche de la vérité si la science n’atteint jamais de vérité absolue ? Qu’entendez-vous par recherche scientifique et recherche de la vérité alors ?

Toute vérité est-elle définitive ?
-        Intro : Définissez la vérité et “définitive”. Montrez pourquoi on peut les associer, mais aussi pourquoi on peut les opposer. Distinguez une théorie, qui peut être considérée comme vraie ou fausse et qui peut l’être effectivement, d’une vérité, qui est une proposition toujours vraie. Donnez des exemples de savoirs scientifiques pris pour vrais aujourd’hui qui sont le résultat d’une évolution historique.
-        1ère partie justification du sujet : Pourquoi considère-t-on généralement que la vérité est définitive ? Qu’entend-on par là ? Donnez des exemples de vérités prises pour définitives. Par quels critères juge-t-on de leur caractère définitif ? Qui juge de leur caractère définitif ?
-        2ème partie critique : Pourquoi la vérité pourrait-elle ne pas être définitive ? Donnez des exemples de théories qu’on a prises, à tort, pour définitives ? Quelles étaient les causes de cette erreur ? Comment l’a-t-on rectifiée?
-        3ème partie solution réponse finale : Selon quels critères déterminer si une vérité peut être définitive ou non ? Donnez des exemples des deux cas. Quelle nouvelle conception de la vérité et du “définitif” avons-nous alors ? Distinguez la vérité définitive absolue / la vérité définitive d’un paradigme, qui lui peut être remis en question.

Notre connaissance du réel se limite-t-elle au savoir scientifique ?
-        Intro : Définissez “connaissance du réel”, “se limite-t-elle”, “savoir scientifique”. Distinguez clairement vérité et réalité. Montrez pourquoi on peut les associer, mais aussi pourquoi on peut les opposer. Donnez des exemples de savoirs scientifiques qui connaissent le réel, et de savoirs non scientifiques qui connaissent le réel : qu’entendez-vous par savoir non scientifique ?
-        1ère partie justification du sujet : Pourquoi associe-t-on le savoir scientifique à la connaissance du réel ? Comment la science connaît-elle le réel ? (par quelles méthodes, comment vérifie-y-elle que cela correspond bien au réel et quels résultats produit-elle ?)
-        2ème partie critique : Pourquoi la science n’arriverait-elle pas à connaître le réel ? Quelles sont les défauts de la science, qui ne nous permettent pas de connaître complètement le réel ? Sont-ils dus à la science elle-même ou à notre utilisation de la science ? Que pourrait être une connaissance parfaite du réel ?
-        3ème partie solution : Quelle serait une connaissance du réel non scientifique ? En quoi serait-ce une connaissance du réel ? Qu’est ce qu’elle apporterait de plus que le savoir scientifique ? Quels seraient ses points communs et ses différences d’avec le savoir scientifique ? Quelles seraient alors ses modalités de connaissance propres ? Si ce n’est plus de la science, par quels critères distinguer l’exactitude de cette connaissance du réel ?

vendredi 9 novembre 2018

Préparation du DST


Texte 1 
Car rien ne nous détourne davantage de la recherche de la vérité que de diriger nos efforts vers des buts particuliers, au lieu de les tourner vers cette fin unique et générale. Je ne parle pas ici des buts mauvais et condamnables, tels que la vaine gloire et la recherche d’un gain honteux ; il est clair que le mensonge et les petites ruses des esprits vulgaires y mèneront par un chemin plus court que ne le pourrait faire une connaissance solide du vrai. J’entends ici parler des buts honnêtes et louables ; car ils sont pour nous un sujet d’illusions dont nous avons peine à nous défendre. En effet, nous étudions les sciences utiles ou pour les avantages qu’on en retire dans la vie, et pour ce plaisir qu’on trouve dans la contemplation du vrai, et qui, dans ce monde, est presque le seul bonheur pur et sans mélange. Voilà deux objets légitimes que nous pouvons nous proposer dans l’étude des sciences ; mais si au milieu de nos travaux nous venons à y penser, il se peut faire qu’un peu de précipitation nous fasse négliger beaucoup de choses qui seraient nécessaires à la connaissance des autres, parce qu’au premier abord elles nous paraîtront ou peu utiles ou peu dignes de notre curiosité. Ce qu’il faut d’abord reconnaître, c’est que les sciences sont tellement liées ensemble qu’il est plus facile de les apprendre toutes à la fois que d’en détacher une seule des autres. Si donc on veut sérieusement chercher la vérité, il ne faut pas s’appliquer à une seule science ; elles se tiennent toutes entre elles et dépendent mutuellement l’une de l’autre. Il faut songer à augmenter ses lumières naturelles, non pour pouvoir résoudre telle ou telle difficulté de l’école, mais pour que l’intelligence puisse montrer à la volonté le parti qu’elle doit prendre dans chaque situation de la vie. Celui qui suivra cette méthode verra qu’en peu de temps il aura fait des progrès merveilleux, et bien supérieurs à ceux des hommes qui se livrent aux études spéciales, et que s’il n’a pas obtenu les résultats que ceux-ci veulent atteindre, il est parvenu à un but plus élevé, et auquel leurs vœux n’eussent jamais osé prétendre.

DESCARTES, Règles pour la direction de l’esprit, Règle 1

1)   Quelle question l’auteur se pose-t-il dans ce texte ?
2)   Déterminez la thèse du texte et les étapes de son raisonnement
3)   Trouvez des exemples pouvant illustrer sa thèse ou l’un de ses arguments


Texte 2

On a dit souvent qu’une hypothèse scientifique qui ne peut se heurter à aucune contradiction n’est pas loin d’être une hypothèse inutile. De même, une expérience qui ne rectifie aucune erreur, qui est platement vraie, sans débat, à quoi sert-elle ? Une expérience scientifique est alors une expérience qui contredit l’expérience commune. (...) Quand on cherche les conditions psychologiques des progrès de la science, on arrive bientôt à cette conviction que c’est en termes d’obstacles qu’il faut poser le problème de la connaissance scientifique. Et il ne s’agit pas de considérer des obstacles externes, comme la complexité et la fugacité des phénomènes, ni d’incriminer la faiblesse des sens et de l’esprit humain : c’est dans l’acte même de connaître, intimement, qu’apparaissent, par une sorte de nécessité fonctionnelle, des lenteurs et des troubles. C’est là que nous montrerons des causes de stagnation et même de régression, c’est là que nous décèlerons des causes d’inertie que nous appellerons des obstacles épistémologiques. La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres. Elle n’est jamais immédiate et pleine. Les révélations du réel sont toujours récurrentes. Le réel n’est jamais « ce qu’on pourrait croire » mais il est toujours ce qu’on aurait dû penser. La pensée empirique est claire, après coup, quand l’appareil des raisons a été mis au point. En revenant sur un passé d’erreurs, on trouve la vérité en un véritable repentir intellectuel. En fait, on connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans l’esprit même, fait obstacle à la spiritualisation.

BACHELARD, La formation de l’esprit scientifique

1)   Quelle question l’auteur se pose-t-il dans ce texte ?
2)   Déterminez la thèse du texte et les étapes de son raisonnement
3)   Trouvez des exemples pouvant illustrer sa thèse ou l’un de ses arguments



Texte 3

L'évolution de la vie sur la terre ou de la société humaine, est un processus historique unique. Un tel processus, nous pouvons le présumer, s'effectue en accord avec tous les genres de lois causales, par exemple les lois de la mécanique, de la chimie, de l'hérédité et de la ségrégation, de la sélection naturelle, etc. On ne peut cependant pas le décrire comme une loi, mais seulement comme un énoncé historique singulier. Les lois universelles formulent des assertions relatives à un certain ordre invariant (...), c'est-à-dire relatives à tous les processus d'un certain genre ; et bien qu'il n'y ait pas de raison pour que l'observation d'un seul cas unique ne doive pas nous inciter à formuler une loi universelle, ni même pour que, avec de la chance, nous ne rencontrions pas la vérité, il est clair que toute loi, qu'elle soit formulée de cette manière ou d'une autre, doit être testée sur d'autres cas avant de pouvoir être prise sérieusement en considération par la science. Mais nous ne pouvons espérer tester une hypothèse universelle ni découvrir une loi naturelle acceptable pour la science si nous sommes à jamais réduits à l'observation d'un seul et unique processus. L'observation d'un seul et unique processus ne peut non plus nous permettre de prévoir l'évolution future. La plus minutieuse observation du développement d'une unique chenille ne nous aidera pas à prévoir sa métamorphose en papillon.

POPPER, Misère de l'historicisme

1)   Quelle question l’auteur se pose-t-il dans ce texte ?
2)   Déterminez la thèse du texte et les étapes de son raisonnement
3)   Trouvez des exemples pouvant illustrer sa thèse ou l’un de ses arguments


Texte 4

Un credo religieux diffère d'une théorie scientifique en ce qu'il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s'attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d'arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu'à obtenir une exactitude légèrement plus grande ; les vieilles théories restent utilisables quand il s'agit d'approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l'on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu'on peut appeler la vérité "technique", qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l'avenir. La vérité "technique" est une affaire de degré : une théorie est d'autant plus vraie qu'elle donne naissance à un plus grand nombre d'inventions utiles et de prévisions exactes. La "connaissance" cesse d'être un miroir mental de l'univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière.

RUSSELL, Science et religion


1)   Quelle question l’auteur se pose-t-il dans ce texte ?
2)   Déterminez la thèse du texte et les étapes de son raisonnement
3)   Trouvez des exemples pouvant illustrer sa thèse ou l’un de ses arguments





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